Un regard de foi

La foi nous enseigne à accueillir dans la joie toute nouvelle vie parce qu’elle est un don de Dieu et le renouvellement de la Création toute entière. C’est le fondement qui nous amène à protéger toute vie naissante.

Le regard de la foi sur toute vie humaine dès sa conception nous fait vivre dans le bonheur d’être voulu et aimé par Dieu. Il nourrit l’espérance, à travers les difficultés et les obstacles, que nous sommes faits pour la joie et que nous ne sommes jamais seuls dans la peine. Il nous permet de voir par-delà les tests de grossesse, les entretiens chez le médecin, les réactions et les commentaires de notre entourage, l’événement que constitue le petit être qui est déjà là.

Dans la Torah, l’Ancien Testament ainsi que dans le Coran, on rencontre la figure de Moïse. Le Pharaon demande que tous les garçons soient jetés au fleuve parce que le peuple d’Israël devient nombreux, puissant et est perçu comme une menace. Une fille de la tribu de Lévi conçut un enfant avec un homme de la même tribu. Après l’accouchement, la mère décide de garder l’enfant parce qu’elle est frappée par sa beauté. Elle le dissimule durant trois mois puis ne pouvant plus le dissimuler plus longtemps, elle le dépose dans une corbeille de papyrus dans le fleuve. La fille du Pharaon, touchée de compassion, le recueille et le traite comme un fils. Moïse connaitra une destinée exceptionnelle, né dans des circonstances très difficiles, promis à une mort certaine, c’est lui qui libérera son peuple de l’esclavage et le conduira en terre promise.

Jésus, que les chrétiens reconnaissent comme leur sauveur et comme Fils de Dieu est aussi né dans des circonstances difficiles. Marie conçut miraculeusement un enfant par l’action directe de l’Esprit Saint de Dieu. Le père adoptif de Jésus, Joseph, eut d’abord peur et décida de répudier Marie. Mais un ange lui apparut et le réconforta.Jésus est né dans une étable, dans une grande simplicité, c’est l’expression d’un Dieu qui se montre proche des hommes, de leurs fragilités et de leurs pauvretés. Le roi Hérode qui était inquiet à l’idée qu’un roi soit né en Israël, fit ordonner le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem. Marie et Joseph durent fuir avec Jésus en Egypte pour que Jésus puisse vivre.

 

D’autres réflexions spirituelles sur les enfants :

Quand tu chancelles sous le poids de la douleur, quand tu n’as plus de larmes, pense à la verdure qui miroite après la pluie. Quand la splendeur du jour t’exaspère, quand tu souhaites qu’une nuit définitive s’abatte sur le monde, pense au réveil d’un enfant.

Omar Khayyam, poète iranien

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Khalil Gibran, poète libanais