Les témoignages

J’avais 13 ans quand j’ai su que j’étais enceinte de 7 mois. Je me suis sentie très mal de savoir que j’allais ramener un énorme problème à mes parents. En effet, ayant fait un déni de grossesse, je n’avais aucune conscience de ce qui m’arrivait. Aujourd’hui, étant donné mon âge et l’environnement scolaire dans lequel j’évolue, je remercie le Seigneur de m’avoir fait vivre 1 mois et demi de grossesse puisque j’ai accouché de façon prématurée. Lorsque j’ai appris la nouvelle à ma mère, sa première réaction ne fut pas très positive, évidemment. J’avais des fois des envies de suicide mais je me disais que le faire apporterait encore plus de problèmes à ma mère et à ma famille. Donc, cela ne servait à rien. Je me suis excusée 1 million de fois auprès de mes parents qui ont fini par comprendre l’importance de me soutenir et qui m’ont pardonné. Je tiens à les remercier pour leur accompagnement généreux et continu. Je remercie également SOS futures mamans pour le soutien et l’aide qu’ils m’ont apportés et dont j’avais grandement besoin. Grâce à eux, j’ai été en contact avec un prêtre qui m’a orientée et avec qui je communique toujours au travers de Facebook. Toute ma reconnaissance va aussi à mon assistante sociale qui s’est occupée de gérer les relations avec l’école ainsi que celles avec le papa de l’enfant. Aujourd’hui mon fils a 9 mois, il est en bonne santé et il me procure de la joie et de la bonne humeur. Ses grands-parents, quant à eux, sont contents de le voir évoluer dans le sein familial.
Aurélie (prénom fictif) 13 ans

ll y a quatre ans maintenant, j’étais en dernière année de licence en mathématiques et je me souviens avoir été particulièrement agressive avec vous lors de notre première rencontre. J’en avais assez des bons conseils pour continuer ou faire cesser la grossesse. Mes collègues d’études, tant féminines que masculins, me harcelaient et essayaient de me faire comprendre qu’accepter un enfant maintenant était pure folie, que mon avenir professionnel était compromis et qu’au vu de mes capacités, il était quand même préférable de me «libérer». Je me rappelle bien que je n’y croyais guère à vos promesses de me donner tout ce qui était nécessaire pour mon futur petit; j’ai été impressionnée quand même lorsque je vous ai demandé une preuve que vous pouviez m’aider. Là vous m’avez remis une enveloppe que vous veniez de recevoir, elle n’était pas encore ouverte. Vous m’avez fait remarquer que si je voulais une preuve, elle était là. C’était un premier cadeau pour mon enfant. Cette enveloppe contenait un billet de Fr. 100.- donné par une grand-maman qui veut rester anonyme. Depuis plus de 20 ans, elle vous envoie une telle enveloppe, chaque mois. Mais voilà, c’était le 14 décembre. Comme je n’arrivais pas à prendre la décision, mes «amis» avaient pris rendez-vous dans un hôpital de Berne. J’étais rentrée la veille au soir mais j’ai pleuré toute la nuit. Plus je réfléchissais, plus j’étais angoissée à l’idée de ce qu’on allait me faire. En me donnant l’enveloppe, j’avais reçu le seul geste positif qui faisait de moi une femme en paix. Aussi, lorsque l’infirmière est venue vers 9 h pour me faire une première piqûre, je lui ai lancé le drap à la figure et j’ai hurlé en lui faisant comprendre que je ne voulais pas que l’on supprime mon enfant. Je me suis levée, je vous ai téléphoné et vous m’avez accueillie pour quelques jours. Enfin, j’étais heureuse d’avoir pris cette décision. Aujourd’hui, je vous annonce que j’attends mon troisième enfant. J’ai tellement de bonheur et avec mon mari nous avons décidé que je demandais un congé de mon poste de professeur de mathématiques à l’Université (Sud de l’Allemagne). Mais surtout, si vous rencontrez une fois la grand-maman à l’enveloppe, dites-lui combien j’ai été chanceuse de recevoir ce cadeau et que, sans elle, je ne vivrai pas un tel bonheur.
Yolanda ( prénom fictif)

Elle est enceinte et se présente pour la première fois chez SOS futures mamans accompagnée de sa maman. Je l’accueille en échangeant quelques mots quant à cette «joie» et en lui offrant de mignons et très appréciés petits chaussons en laine tricotés pour son enfant à venir. Elles sont venues pour connaître l’aide envisageable de la part de notre association. Pour bien comprendre et pouvoir au mieux répondre au soutien attendu par Lucie, je lui propose de m’expliquer sa situation. Question «joie», même si Lucie l’a reçue comme telle dès le début, ce ne fut pas le cas du papa,des proches et des parents. A l’annonce de sa maternité, cette jeune étudiante s’est retrouvée seule face aux personnes qu’elle côtoie tous les jours et qui sont donc ses personnes de référence. Seule parce que dès le premier instant, Lucie a eu l’intime conviction de vouloir donner vie à cet enfant présent en son sein et que cela n’était pas l’avis de son entourage. Tout d’abord, le papa de vingt ans n’a pas si mal réagi. Mais ensuite, les parents de ce dernier lui ont rapidement dépeint le danger que représentait cette venue pour son avenir scolaire et professionnel. Il en fut de même pour la réaction des parents de la future maman avec le souci supplémentaire de l’éducation monoparentale que risquait de recevoir l’enfant. S’ajoutaient à cela, dans les différentes conversations menées avec ses proches, l’aspect financier et la liberté, ou devrait-on dire la jeunesse perdue, et bien d’autres «bonnes» raisons de faire un choix différent. Lucie était tellement accablée qu’elle a dû séjourner dans un hôpital psychiatrique. C’est à la suite de cet événement dramatique que ses parents se sont rendu compte à quel point il était important pour leur fille de garder ce bébé. Dès lors, ils lui ont assuré leur soutien et l’aide nécessaire dans la mesure de leurs moyens. Avec beaucoup de respect, j’ai félicité cette jeune fille qui, contre vents et marées, s’est battue pour défendre la vie de ce tout-petit. Je lui ai également confirmé l’aide de l’association pour assurer le déroulement le plus paisible possible de sa maternité. Des jeunes filles qui vivent les mêmes péripéties que Lucie à l’annonce d’une grossesse sont toujours nombreuses dans notre société. Et malheureusement peu d’entre elles trouvent la force, le courage et le soutien nécessaire pour mener le combat jusqu’au bout ! SOS futures mamans a pour mission de leur venir en aide – Restons attentifs et sensibles à ce qui se passe autour de nous.

 

Pierre Monferini : Directeur SOS futures mamans Fribourg

Bonjour, j’ai eu un parcours très compliqué. Maman de trois enfants, j’ai fait unefausse-couche en avril 2010 et uneIVG en octobre de la même année. J’ai renoncé à cet enfant sous le prétexte qu’il serait de trop et que c’était égoïste de ma part de le vouloir pour moi ! J’ai très mal vécu ces deux expériences. Mon mari n’a pas compris ma réaction, il croit que j’ai oublié depuis le temps. Aujourd’hui, je suis à nouveau enceinte, je pense d’un mois. J’ai rendez-vous la semaine prochaine chez mon gynécologue mais les trois tests que j’ai faits en pharmacie sont tous positifs. Mon mari ne le sait pas encore, j’ai peur des désillusions, d’une fausse-couche, donc je le préserve pour le moment et je ne voudrais pas lui faire du mal ! J’avais subi mon IVG un jour avant la date légale et je rêve souvent que je la refuse, que je quitte l’hôpital assez tôt, c’est un cauchemar pour moi, je l’ai très mal vécu. Aujourd’hui, je ne sais pas quoi penser, je devrais être aux anges, pouvoir panser mes blessures, mon manque de bébé, mais je remets tout en question. J’ai l’impression de devenir folle, j’ai peur de faire un enfant de remplacement, de m’acharner à atteindre mon rêve de quatre enfants alors que je ne suis peut-être pas capable de les élever. Trois suffisent peut-être à mon bonheur. Pourtant ce quatrième manque, comme une voiture avec trois roues, bancale et instable, j’ai tellement peur de l’avenir, peur de ne pas arriver financièrement car mon mari a un boulot précaire et je n’ai pas de revenu. J’ai peur que la vie soit trop dure à cause de moi. Merci de bien vouloir me répondre, svp je ne sais pas quoi faire, bonne journée.
Christelle

Tout récemment, une jeune future maman de 17 ans, avec laquelle j’ai eu un entretien téléphonique quelques jours auparavant, m’adressait un SMS avec le message suivant: Merci à toutes les volontaires qui sont là pour le passage du gué ! Bien sûr que je voulais en savoir davantage et je l’ai invitée à une rencontre au Centre de Fribourg. Là, avec toute sa candeur, son audace et son désir de vivre, elle m’a fait part des bouleversements qu’elle vivait avec sa nouvelle situation. «Tu sais, m’a-t-elle dit, depuis que je suis enceinte, j’ai le sentiment de ne plus faire partie du même monde. Ne me questionne pas sur l’ambiance à la maison pas plus que sur l’attitude du père de l’enfant, pourtant de cinq ans mon aîné.  Durant plus de trois mois, il me semblait que j’étais séparée du commun des mortels par une large rivière. C’était comme si je voyais ma famille, mes amis, de l’autre côté de cette rivière. Ils riaient alors que j’étais triste, ils semblaient heureux et moi j’étais si seule. Un dimanche après-midi, alors que je me promenais le long de la rivière comme une âme en peine, j’avoue que je me sentais comme attirée par le courant qui m’emporterait. Je n’avais pas envie d’une telle issue car je sentais que mon enfant n’avait que moi pour être sauvé et vivre, mais que faire! Or, c’est en déambulant le long de la berge de la Sarine que mon regard a été attiré par un autocollant bleu. Sans trop savoir, je me suis dirigée vers ce pilier métallique. Pourquoi, je l’ignore! C’était votre autocollant avec le numéro de téléphone. Les larmes me sont montées aux yeux et bien qu’il faisait froid, je suis restée là de longs moments. Est-ce que j’allais oser téléphoner ? J’étais dans mes pensées lorsqu’un rayon de soleil encore bien timide en cette fin d’après-midi traversa les quelques arbres de l’autre côté de la rivière et vint comme pour me réchauffer le coeur. Alors, j’ai appelé, j’ai été reçu avec tellement de coeur qu’il me semblait que la rivière devenait moins profonde. Gentiment, la dame m’a demandé, face aux nombreuses questions, surtout juridiques, que je lui posais, si quelqu’un d’autre pouvait me rappeler. J’étais tellement en confiance que j’ai accepté bien sûr. Tu m’as alors appelée et il me semblait retrouver une famille. C’est là que tu m’avais dit «Viens avec moi, je connais un endroit où ensemble nous pouvons facilement atteindre l’autre rive. Tu trouveras l’un de nos centres d’accueil et là, il y a de nombreuses volontaires pour t’accueillir et t’aider ». Cela fait un mois que nous avons eu ce premier entretien. Malgré tout, je souffrais de l’attitude de l’entourage. C’est là que tu m’as proposé que le soir, avant de m’endormir, je mette mes deux mains sur mon ventre pour parler à mon petit. Je sais depuis deux jours que c’est un garçon! C’était émouvant ce que tu m’as suggéré de faire, sans angoisse mais avec beaucoup d’amour. Je lui ai demandé qu’il agisse pour que je puisse être comprise dans ma famille. Comme j’étais émue ! Et bien, en quelques jours, l’ambiance a complètement changé. Même mon ami m’a appelée pour avoir des nouvelles. A l’école aussi, mes camarades sont gentils avec moi. C’est si bon de sentir que j’ai pu traverser la rivière. J’aimerais aussi remercier la personne qui a mis un autocollant à cet emplacement. Il m’a permis de redécouvrir ma dignité qui n’a rien à voir avec ces quelconques processus de mondialisation quidéshumanisent. C’était pour mon enfant et pour moi. Tu diras merci à toutes tes volontaires. Tu leur diras combien je suis heureuse d’avoir pu bénéficier de leur dévouement et je me réjouis de venir choisir tout ce que tu m’as promis pour mon enfant. 

Ce témoignage de Carla m’a beaucoup touché et surtout il m’incite à demander à vous les collaboratrices si précieuses pour la mission de SOS futures mamans, de mettre des autocollants partout où cela peut attirer le regard et être la source d’espoir. Une vie nouvelle dépend de ce petit geste Camille (prénom fictif) et à vous toutes et tous, en ce début d’année. MERCI pour votre engagement.
Conrad Clément : Fondateur de SOS futures mamans

Depuis toute petite, je souhaitais devenir maman. Ce rêve est devenu réalité le 17 septembre 2012 à 6h11. Tout au long de la grossesse, je n’arrivais pas à réaliser qu’un être grandissait en moi et que ma vie allait changer. Même si toi, ma fille, tu te manifestais jour après jour, tout ça restait encore irréel pour moi ! Comme de nombreuses personnes, je pensais que tout deviendrait réalité à ton arrivée; que l’amour inconditionnel nous tomberait dessus à la minute même où tu verrais le jour. Mais la vérité est que cet amour n’arrive pas comme ça, comme par magie, mais cet amour grandit jour après jour, heure après heure, minute après minute. Quand nos proches nous soutiennent, cet apprentissage est favorisé, mais parfois, nous sommes quelque peu surpris par des personnes qui veulent nous donner des «conseils», qui nous peinent plus qu’elles nous aident. Après mon accouchement, nous avons été épaulées et encouragées par ton papa et une sage-femme formidables. Il est vrai que déjà à l’hôpital, une infirmière n’a rien trouvé de mieux que de me faire peur en me disant que tu avais peut-être des problèmes d’audition. Elle a simplement mis un appareil dans ton oreille et m’a dit:  » Soit ma machine ne fonctionne pas, soit vous devrez aller voir un spécialiste !  » Un tel discours de la part d’une professionnelle m’avait bien ébranlée, moi qui étais une jeune mère avec son premier enfant. Mais toi, ma petite, tu étais là et ta présence me réconfortait. Tu sais avec mon coeur de maman, je savais bien que tu n’avais pas un tel problème. J’avais au fond de mon coeur la certitude que tu allais bien. Dès mon retour à la maison, j’ai eu la chance que ta grand-mère soit là pour nous sécuriser. Elle a été tout simplement formidable et m’a bien encouragée  pour la suite. Elle a pris du temps pour me montrer que je serai une bonne maman. Jour après jour, elle m’a permis d’avoir confiance en moi pour prendre soin de toi. Aujourd’hui, nous apprenons encore à nous aimer et à chaque minute qui passe notre amour grandit ! Si je partage cette expérience avec vous, c’est parce que j’ai compris l’importance de soutenir chaque maman dans son rôle de parent. Une maman soutenue, écoutée, aidée jour après jour, c’est un enfant aimé, protégé, choyé pour la Vie ! Bonne fête à toutes les mamans.
Une jeune maman

Lorsqu’elle a pris contact avec notre permanence téléphonique, Zoé, 16 ans, donnait l’impression, à l’instar d’autres jeunes filles de son âge, de vouloir effectuer un travail sur notre association tant les questions semblaient pertinentes. Et elle voulait cependant rencontrer quelqu’un rapidement, ce que j’ai accepté avec joie. Parmi tant de souffrances rencontrées chaque jour, enfin une jeune qui rayonne de la joie de vivre. Or, en moins d’une minute, elle m’annonce qu’elle est enceinte « parce qu’on a fait ça et que le préservatif s’est déchiré ». Malgré son souci pour l’avenir, Zoé restait très positive. «Oh, j’ai bien passé des nuits d’angoisse, je n’osais surtout pas en parler à maman, comment allait-elle réagir ?
Finalement, avec mon copain, on a décidé d’aller à l’hôpital pour une interruption de grossesse! Oh, comme j’étais triste en me rendant à ce rendez-vous. Mon coeur battait à tout rompre et je pensais sans cesse que j’avais pourtant assez de coeur pour aimer cet enfant à l’infini. La sage-femme a pris du temps pour m’écouter et m’a conseillé de prendre contact avec SOS futures mamans. Nous avons bien évoqué toutes les conséquences que l’enfant aurait pour leur vie. Ils étaient soulagés d’apprendre qu’ils pourraient tout obtenir gratuitement pour leur enfant et ceci aussi longtemps que nécessaire. C’est avec détermination qu’ils ont pris la décision d’aller annoncer la nouvelle dès le lendemain. Le jeune papa d’environ 20 ans a demandé de pouvoir passer la nuit au salon et le matin à 5 h, les jeunes sont allés frapper à la porte de la future grand-maman et lui ont proposé de lui apporter un café dans son lit! Elle ne comprenait rien à cette intrusion matinale!
C’est alors que Zoé lui fait part de la « grande nouvelle» et raconte tout le parcours depuis près d’un mois avec les périodes d’angoisse et d’espérance.Cet aveu a eu le don de provoquer le renversement de la tasse de café – mais ce n’est pas grave! – « La plus grande joie a été au moment où, après quelques hésitations, maman s’est levée et m’a prise dans les bras en me félicitant de mon choix et du bonheur apporté à la famille».
Un bénévole

En ce début d’année, j’étais venue presque en désespoir vous confier le drame que j’étais en train de vivre à la suite d’une aventure que j’ai eu avec mon patron, directeur d’une importante société. Je vous avais confié que j’étais enceinte de jumeaux, que mon mari était au courant et même qu’il se réjouissait de l’arrivée de ceux-ci. Je ne savais plus à qui parler et vous avez pris du temps pour moi et surtout vous m’avez judicieusement conseillé. Depuis, j’ai eu une bonne discussion avec mon employeur. Maintenant, il me respecte et me laisse tranquille. Lors d’un de nos entretiens, vous m’aviez demandé si j’avais toujours mes parents. Je vous ai répondu positivement en disant qu’avec ma mère, tout se passait relativement bien mais qu’en ce qui concerne mon père, j’attendais qu’il … crève devant moi ! Je vous suis reconnaissante d’avoir gardé le silence à cet instant. Le souvenir de ces huit années durant lesquelles il me violait régulièrement me faisait encore trop mal. Pourtant, je vois combien Dieu est bon puisqu’il me donne des jumeaux !  Ensemble, nous avons beaucoup parlé d’espérance et d’avenir. Depuis cette rencontre et avec l’aide de mes petits, il me semble que j’ai retrouvé la paix. J’ai le sentiment que j’en veux moins à mon père puisqu’il va être grand-père pour la première fois. Ce soir, j’éprouve tellement de joie, même mon mari est doux avec moi, que j’ai eu envie de vous écrire et de vous dire combien c’est merveilleux de pouvoir enfin assumer mon rôle de femme enceinte.
Patricia ( prénom fictif)